Le problème avec l'homme, c'est son indéracinable espèrance ; l'espoir est le symptôme flagrant de l'humanité, toujours vaillante, qui sait pourtant, et qui pourtant tient bon, et même prospère. Les morts nous sont ravis, ôtés de la vue, cachés sous la pierre, invérifiable sort. Et nous, les vivants, obscurs, petits, sans grade, nous activons dans des combats à l'issue fort connue. L'homme n'est que celui qu'il peut, obstiné à survivre, entravé dans le temps, rongé par les craintes solitaires, pensant parfois à ceux qui, comme lui, posèrent pour la photo. Réduit à l'attente que tout cela vaudra bien un jour. Sans quoi, hein, nous, tout ça ?

Alain Ducrocq

MAURICE DUBUC
CRITIQUES

Un peintre fécampois éblouissant d'expression grâce à sa façon réaliste et âpre d'amener le corps humain sur la toile et d'en révéler la fascination avec une sévérité attachante qui fait fi de l'académisme pour mieux affirmer un impact sans concession, parfois tragique, toujours sans complaisance.

Maurice DUBUC est l'indépendance même en peinture tant il bouleverse et séduit par son pinceau implacable, d'une justesse néanmoins captivante et qui bouleverse la réalité sans trahison. En véritable Cauchois, Maurice DUBUC sait allier admirablement la puissance d'une matière picturale avec la sensibilité profonde de l'esprit venue du tréfonds de la Normandie, conservant jalousement une singularité exceptionnelle où règnent la beauté de l'âme avec l'audace dérangeante du tangible.

C'est en 1986 que Maurice DUBUC pour la première fois expose au salon de Rouen avec le succès que l'on imagine sans peine puisqu'au gré des années suivantes, il y remportait les prix les plus valeureux, sans oublier sa participation remarquée aux salons d'Yvetot, du Grand Quevilly, lors de la biennale de Conches et aux " Rendez-vous d'Etretat " dont il obtint en 1990 le premier grand prix.

André RUELLAN, critique d'art

cf article: http://www.art-culture-france.com

Portraits et nus, les oeuvres de Maurice DUBUC ne sont qu'un cri . Cri d'angoisse, de solitude ou d'extase. Une peinture qui interpelle, à la façon des expressionnistes allemands du début du XXe siècle. Le coup de brosse est généreux, mordant. L'artiste croque la vie à pleines dents. C'est un homme jovial et bavard.

Pourtant sa peinture est tourmentée ; des tréfonds de son inconscient surgissent des visages torturés, vulnérables, aux regards perdus et affolés, des corps bruts et fragiles. La réalité de notre condition humaine en somme. Il peint le monde en le démaquillant, en le dénudant des apparences qui font plaisir, en lui arrachant les masques de la beauté idéale.

Il joue de l'ombre et de la chair, de la silhouette et de la grimace, ses modèles sont écorchés de rides. Ils ont de la lassitude, ou de la soumission, qui leur perce la peau, suintants de tout ce qu'ils supportent. Peut-être !..

Cela n'empêche pas la tendresse. Ni la pureté.

Le monde selon DUBUC vous ramène à vous-même. On peut reculer, mais l'indifférence est impossible. C'est de l'art sans pitié.

Galerie DANIELLE BOURDETTE-GORZKOWSKI

" LES ARTS DE L'ENCLOS " HONFLEUR

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Apre et sans complaisance, sa peinture rend compte de blessures invisibles à l'oeil. Ces femmes sans fard paraissent porter le poids d'une vie sur leurs épaules. Criantes de vérité, elles expriment une douleur indicible. Non, la peinture n'est pas qu'un passe-temps lénifiant. Elle permet d'explorer toutes les faces de l'humanité, notamment ce qui est dans l'ombre.

Luis PORQUET

Dans la galerie, les portraits à l'huile de Maurice Dubuc, peintre fécampois, vous regardent d' un air halluciné. Sans être pour autant agressifs, car leur présence est néanmoins d' une telle force expressive qu' il y a lieu d' en être intimidé, ces personnages hauts en couleur s' imposent et vous bousculent. A larges traits, dans des teints bien souvent opposées, avec une vigueur, on pourrait presque parler de punch. La peinture de Dubuc a de quoi surprendre.

En tous les cas, c'est un peintre qui parle, qui crie même, tant les visages hagards dénoncent la grande misère de l' homme dans son infinie solitude : une peinture qui vient du coeur, d' une sincérité absolue. Et c'est cette sincérité même, cet élan irrépressible qui nous touchent. Et l'on pense aux expressionnistes allemands de ce début de siècle* qui ne s'embarrassaient pas des on-dits et qui peignaient avec frénésie, en visionnaires qu'ils étaient. Dubuc est de cette lignée là, et ses portraits d'une étonnante maîtrise, tous imaginatifs, sont représentatifs d'un très forte personnalité, très axée sur les problèmes actuels.

Pourtant, on ne le croirait pas à rencontrer cet artiste au regard si doux, à la carrure de viking qui nous dit préférer entre tous les maîtres le peintre Pierre Bonnard, l' admirable coloriste dont les tableaux le laissent rêveur. C' est qu'il y a en Dubuc , malgré cette violence affichée, une grande part de sensibilité, avec aussi quelquefois des sourires d'optimisme.

Il ne faut pas s'y tromper.. . Les portraits de ce peintre fécampois ne sont pas désespérément beaux, ils sont magnifiquement imprégnés d'amour.

Alexandre VERNON